La bataille contre la pollution atmosphérique à Bangkok : un enjeu de vie ou de mort

Retranchée derrière sa réputation d’El Dorado du tourisme grâce à son mélange unique de traditions et de modernité, Bangkok, la capitale thaïlandaise, cache une réalité moins reluisante : celle de la pollution de l’air. Face aux alarmantes concentrations de particules fines PM2.5, la ville est aujourd’hui engagée dans une bataille acharnée pour assainir son air. À travers cette analyse, nous allons aborder la situation actuelle, ses conséquences sanitaires ainsi que les actions menées pour y remédier.

Un ciel voilé par la pollution : comprendre la situation à Bangkok

Aux premières lueurs de la journée, le paysage urbain de Bangkok se dévoile souvent sous un halo brumeux. Ce n’est pas un effet naturel romantique comme le brouillard matinal mais plutôt le résultat d’un nuage persistant de pollution. Les principaux responsables ? Des particules fines, aussi appelées PM2.5 car elles mesurent moins de 2,5 micromètres. Ces particules microscopiques sont si petites qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons, posant ainsi de graves risques pour la santé.

Le rôle prépondérant des sources anthropiques

L’activité humaine, majoritairement dans l’utilisation d’énergie fossile, reste la principale source de ces particules fines. Les véhicules motorisés, les feux ouverts, les centrales électriques au charbon et le chauffage domestique contribuent également à cette pollution atmosphérique. De plus, l’agriculture intensive pratiquée autour de Bangkok accentue ce fléau par le biais des brûlis contrôlés.

Un impact sanitaire majeur : maladies et décès liés à la pollution

Rien qu’à Bangkok, l’inhalation chronique de ces particules fines PM2.5 a déjà conduit à une augmentation alarmante de certaines maladies. Parmi elles, on note principalement des troubles respiratoires tels que l’asthme et la bronchite chronique, mais aussi cardiovasculaires comme l’hypertension ou les infarctus. Selon une étude de Greenpeace, en 2019, près de 32 000 décès supplémentaires en Thaïlande ont été attribués à cette pollution aux particules fines.

L’incapacité des barrières naturelles à lutter contre l’étau polluant

Soulignons que ces concentrations nocives de particules fines dans l’espace urbain ne sont pas uniquement le fruit des activités humaines. En effet, la topographie particulière de Bangkok et les conditions météorologiques spécifiques aggravent considérablement la situation. Étant entourée de montagnes à l’ouest (vers la Birmanie) et à l’est, la ville agit comme un gigantesque chaudron où les vents peinent à disperser les polluants. De plus, l’absence de pluie pendant la saison sèche empêche cette pollution atmosphérique d’être naturellement lavée. Et Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, n’est pas mieux lotie puisque c’est une des villes les plus polluées au monde durant la période des brûlis se déroulant de février à mai chaque année. D’ailleurs, si vous prévoyez de voyager en Thaïlande ou à Chiang Mai, nous vous conseillons de prendre contact avec une agence de voyage locale sur place qui pourra mieux vous informer quant à la meilleure période durant laquelle vous y rendre.

Les mesures gouvernementales pour purifier l’air

Face à ce défi majeur de santé publique, les autorités de Bangkok ont déjà pris diverses mesures visant à réduire la présence de particules fines. Des actions concrètes sont menées sur le terrain comme des pulvérisations d’eau dans l’air pour tenter de « nettoyer » l’atmosphère, l’installation de systèmes de filtration dans les écoles ou encore l’imposition de régulations plus strictes en matière d’émissions industrielles et automobiles.

Vers une nécessaire prise de conscience collective

Au-delà de ces initiatives, il est crucial que toute la population prenne conscience de l’importance de cet enjeu et modifie ses comportements. Pour cela, l’éducation et la dissémination d’informations exactes jouent un rôle fondamental. Cela va de la consultation de l’index de qualité de l’air (IQA) avant de sortir sans masque jusqu’à adopter une mobilité plus verte en privilégiant les transports en commun, le vélo ou la marche. Par ailleurs, il convient de repenser notre rapport à l’énergie et de privilégier autant que possible son utilisation respectueuse de l’environnement.

L’apport technologique : un allié dans la guerre contre la pollution

Les technologies modernes s’avèrent être des alliés précieux dans la lutte contre la pollution. Les moniteurs de particules fines font désormais partie intégrante du paysage urbain à Bangkok, fournissant des données essentielles en temps réel pour évaluer la qualité de l’air. Quant au laser, il représente une solution prometteuse pour le futur. Grâce à son excellent pouvoir pénétrant et sa capacité à décomposer les particules, il est envisagé comme outil non seulement d’observation mais aussi de traitement de ce problème sanitaire.

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About the Author: Bruno Therrien