Les pesticides en Thaïlande : une réalité complexe à décrypter

Si les champs verdoyants et les plantations luxuriantes sont souvent les images qui viennent à l’esprit lorsque nous pensons à la Thaïlande, il est important de gratter un peu sous cette surface bucolique pour révéler une réalité moins pittoresque : celle du bal des pesticides. En effet, le « pays du sourire » est aussi un grand utilisateur de produits chimiques pour augmenter la productivité de ses agriculteurs et assurer sa position de premier plan sur le marché international des fruits et légumes.

Utilisation des pesticides en Thaïlande : entre nécessité et danger

D’abord introduits dans les années 1960, les pesticides ont rapidement gagné en popularité auprès des agriculteurs thaïlandais. Le recours à ces substances phytosanitaires s’est imposé comme une solution efficace pour contrer les maladies des plantes et les attaques d’insectes nuisibles. Parmi les pesticides largement utilisés, deux suscitent particulièrement l’attention des observateurs et des ONGs : le paraquat et le glyphosate.

Toutefois, ce choix de facilité cache une situation plus préoccupante. Les impacts notables liés à l’utilisation massive de ces substances toxiques commencent à se faire sentir tant sur la santé humaine que sur l’environnement.

Des normes prisées mais difficiles à tenir

Sur le papier, la Thaïlande dispose de normes strictes en matière d’utilisation de produits phytosanitaires. Cependant, ces régulations sont souvent difficiles à appliquer sur le terrain, principalement en raison de manque de moyens humains, financiers mais aussi par manque d’information et de formation des agriculteurs.

Malgré tout, il semble que les choses évoluent dans le bon sens. En effet, l’année 2020 a marqué un tournant dans l’histoire des pesticides en Thaïlande avec l’interdiction officielle du paraquat et la limitation de l’utilisation du glyphosate.

L’alternative : vers une résurgence des techniques ancestrales ?

Face au fléau des pesticides, certains choisissent de renouer avec les pratiques de leurs ancêtres. Cette démarche s’appuie sur l’usage des techniques traditionnelles de cultures sans recours aux pesticides chimiques. Certains agriculteurs thaïlandais reviennent ainsi aux techniques ancestrales, privilégiant des méthodes naturelles pour soigner leurs plants et garantir des récoltes abondantes.

Au-delà des rizières : les fruits et légumes sous la loupe

Si les rizières sont largement connues comme principal terrain de jeu des pesticides, les champs de fruits et légumes ne sont pas en reste. Ces cultures, extrêmement importantes pour l’économie thaïlandaise, subissent elles aussi les effets néfastes des produits phytosanitaires.

Consciente de cette problématique, le gouvernement thaïlandais a lancé plusieurs initiatives pour promouvoir une agriculture plus durable. L’objectif : réduire progressivement l’utilisation de pesticides tout en garantissant des rendements suffisants aux agriculteurs. Un défi complexe qui demande du temps et des ressources considérables.

Impacts environnementaux : un héritage inquiétant

L’utilisation excessive de pesticides affecte fortement l’environnement en Thaïlande. Dans nombre d’exploitations agricoles, l’utilisation de ces produits a entraîné une érosion prématurée des sols, la pollution des cours d’eau et une perte de biodiversité sans précédent.

En effet, au-delà de leurs effets destructeurs sur les insectes nuisibles, les pesticides ont également des conséquences néfastes sur les insectes pollinisateurs et les oiseaux. Dans certaines zones, l’écosystème local semble irréparablement affecté par leur utilisation continue malgré les tentatives de régulation.

Face à tous ces défis, la situation des pesticides en Thaïlande reste encore complexe à résoudre, mais des efforts persistants et une prise de conscience généralisée peuvent contribuer à un futur plus respectueux de l’environnement et de la santé humaine.

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About the Author: Bruno Therrien